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Budget 2025 : un signal fort pour la défense, l’innovation et la souveraineté industrielle du Canada

14 novembre 2025

Sandra Aubé

Sandra Aubé
Vice-présidente, affaires fédérales

Lgén (ret) Yvan Blondin
Conseiller stratégique

Stéfanie Tougas - TACT

Stéfanie Tougas
Directrice principale

Le budget fédéral 2025 marque un virage assumé du gouvernement canadien : celui d’un État sous pression, qui veut reprendre le contrôle de son tissu industriel et occuper une place plus influente à la table des leaders mondiaux. Face aux tensions géopolitiques, aux conflits tarifaires et aux perturbations des chaînes d’approvisionnement, Ottawa mise sur la défense, la sécurité et l’intelligence artificielle comme moteurs d’innovation et de croissance.

Ce repositionnement est aussi une question de crédibilité internationale. Pour attirer et retenir les investisseurs, le Canada doit prouver qu’il sait protéger ses infrastructures critiques, soutenir la recherche appliquée et garantir la stabilité des chaînes de valeur dans les secteurs stratégiques.

Le gouvernement Carney présente un budget axé sur la sécurité nationale, les grands projets d’infrastructure et la souveraineté technologique. En augmentant substantiellement les dépenses militaires et en lançant une nouvelle stratégie industrielle de défense, il cherche à lier politique de défense et innovation.

Défense nationale : Un écosystème en transformation

En juin, le gouvernement canadien avait annoncé une hausse immédiate du budget de la défense pour atteindre la cible de 2 % du PIB fixée par l’OTAN avant la fin de l’exercice. Cette augmentation nette de 9 milliards $ pour 2025-2026, s’ajoutant aux 40 milliards $ déjà prévus, portait le budget total à 60 milliards $. Le transfert de la Garde côtière au ministère de la Défense nationale (MDN) et le financement de services connexes dans d’autres ministères avaient permis d’atteindre ce seuil.

Le nouveau budget va encore plus loin, ajoutant 72,8 milliards $ aux sommes déjà annoncées, pour un total de 81,8 milliards $ sur cinq ans. Les 9 milliards initiaux représentaient une hausse de 22 % du budget de la défense en 2025-2026, engagement désormais récurrent, alors que le Canada vise à terme 3,5 % du PIB en dépenses militaires traditionnelles et 1,5 % en renforcement de la sécurité.

Ces sommes visent à combler les besoins les plus pressants, à remettre à niveau des forces armées sous-financées depuis des années et à jeter les bases d’une nouvelle stratégie de défense nationale. Cette stratégie devra être articulée rapidement pour guider la planification de la croissance des capacités canadiennes.

Des 81,8 milliards $ annoncés :

  • 51 milliards $ seront dédiés au recrutement, aux salaires et aux soins de santé (20 G$) ainsi qu’à la remise à niveau des infrastructures et équipements (19G$), et à la modernisation numérique et la cyberdéfense (10,9 G$);
  • 17,9 milliards $ seront versés sur cinq ans à l’expansion des capacités militaires : Arctique, espace et technologies émergentes (drones, contre-mesures); et
  • 6,6 milliards $ seront versés sur cinq ans au secteur industriel de la défense, dont 4,6 G$ seront consacrés à la recherche, à l’accès au capital et à la résilience des chaînes d’approvisionnement.

Ce budget envoie un signal clair à l’industrie : le gouvernement entend soutenir la croissance d’une base industrielle de défense canadienne forte et compétitive. Mais la réussite de ce virage dépendra aussi de la capacité du gouvernement et des Forces armées canadiennes à accélérer leurs processus décisionnels et à moderniser leur culture organisationnelle.

La défense n’est plus perçue comme une dépense, mais comme un investissement structurant dans l’économie du savoir et la sécurité nationale. Pour Montréal et le Québec, cette démarche ouvre la voie à des retombées déterminantes : consolider l’écosystème d’innovation, accélérer l’intégration des technologies duales — qu’il s’agisse de cybersécurité, d’intelligence artificielle, d’aérospatiale ou, plus largement, de capacités manufacturières.

Intelligence artificielle et transformation numérique

Le budget Carney 2025 prévoit également plus d’un milliard de dollars sur cinq ans pour renforcer la position du Canada en intelligence artificielle et en informatique quantique.

L’investissement principal de 925,6 M$ vise à déployer une infrastructure publique de calcul IA « souveraine », permettant aux chercheurs et entreprises canadiennes d’accéder à des superordinateurs pour développer leurs modèles d’IA dans un environnement sécurisé et conforme aux lois canadiennes. À cela s’ajoutent 334,3 M$ pour ancrer les entreprises canadiennes de technologie quantique au pays et faciliter l’adoption de ces technologies dans les secteurs de la défense, des fonds qui seront versés par le biais de la future Stratégie industrielle de défense.

Au-delà des investissements, Ottawa mise sur l’IA pour transformer ses propres opérations gouvernementales. Un nouveau Bureau de la transformation numérique sera créé pour accélérer l’adoption de solutions technologiques dans l’appareil fédéral et éliminer les règles d’approvisionnement redondantes. Services partagés Canada, en collaboration avec le ministère de la Défense nationale et le Centre de la sécurité des télécommunications, développera un outil d’IA « fait au Canada » qui sera déployé à l’échelle du gouvernement fédéral, en partenariat avec des entreprises canadiennes. Le ministre de l’Intelligence artificielle et de l’Innovation numérique, Evan Solomon, travaillera également avec l’industrie pour identifier des projets d’infrastructure prometteurs et conclure des protocoles d’entente. Une nouvelle stratégie nationale en matière d’IA est attendue d’ici la fin 2025.

Pour les entreprises interpellées par les mesures du Budget 2025, c’est le moment idéal pour établir un dialogue avec le gouvernement fédéral. Les discussions qui suivent l’adoption d’un budget sont souvent déterminantes : c’est à ce moment que se précisent les programmes et les critères d’admissibilité y étant liés ainsi que les occasions de partenariat. Grâce à son équipe d’experts, TACT est idéalement positionnée pour soutenir les organisations qui souhaitent faire valoir leurs intérêts auprès du gouvernement fédéral et contribuer pleinement à cette transformation économique et stratégique.

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