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Se positionner dès maintenant pour les élections d’octobre 2026

15 décembre 2025

Renaud Poirier-St-Pierre

Renaud Poirier-St-Pierre
Directeur

En février 2026, les élus entameront leur dernière session parlementaire avant la campagne électorale, prévue à l’automne. Alors que les députés de l’Assemblée nationale rentreront bientôt dans leur circonscription pour le temps des Fêtes, les partis politiques, eux, commencent déjà à développer leur stratégie électorale.

Dès le retour des vacances, la permanence des partis prendra progressivement plus de place dans l’écosystème politique. Le centre de gravité de l’agenda politique se transfèrera lentement des groupes parlementaires de l’Assemblée nationale vers les responsables électoraux des partis politiques. Les priorités des uns et des autres sont distinctes : alors que le rôle d’un gouvernement est de diriger l’État, celui d’un parti politique est avant tout de remporter les élections.

Voici trois éléments corollaires à ce changement.

L’opinion publique avant tout

Évidemment, les politiciens considèrent généralement, pour ne pas dire très souvent, l’appui de l’opinion publique dans leurs prises de décisions. Mais la période préélectorale ajoute un niveau de précision dans l’utilisation des sondages d’opinion.

Les sondages internes des partis guideront de plus en plus les priorités, orientations et prises de position. Nous passons de la considération d’une multitude de facteurs à la priorisation d’abord et avant tout de l’opinion publique, mais pas n’importe laquelle.

Les partis identifient les mesures ayant un potentiel de mobiliser la clientèle électorale identifiée comme nécessaire à l’atteinte de leurs résultats électoraux. Les publics cibles seront très segmentés : par exemple, une formation politique pourrait vouloir davantage trouver écho auprès de femmes des banlieues du Grand Montréal, ce qui l’amènerait à prioriser certaines mesures au détriment d’autres. On prend des engagements qui sont davantage « parlants » pour l’électorat visé.

Lorsqu’on aborde les partis politiques durant cette phase préélectorale, il est fondamental d’avoir en tête que les bienfaits d’une politique ne suffisent plus : il faut aussi penser à la façon dont cette politique sera perçue par certains pans de la population.

La plateforme électorale et… le cadre financier

Lors d’une campagne électorale, les partis politiques vont déposer leurs promesses, qui seront regroupées dans un document nommé normalement la « plateforme ». Elle est accompagnée d’un cadre financier qui permet de chiffrer les dépenses et les revenus d’un éventuel gouvernement. Ces deux documents sont névralgiques et rien n’est laissé au hasard. Les partis cherchent, en fonction de leurs valeurs politiques, la bonne mesure pour parler à la bonne personne.

La plateforme n’est pas rédigée quelques jours avant les élections : les éléments qui la composent sont le fruit de nombreux mois de travail, qui prennent en considération les travaux menés par les instances des partis, notamment des sondages et des tests dans des groupes de discussion (focus group). Les personnes responsables de l’écriture de ce document ont déjà leur crayon bien aiguisé.

Les partis acceptent généralement de rencontrer les parties prenantes de la société civile pour écouter leurs propositions. Ils vont parfois eux-mêmes consulter proactivement certains groupes ou organisations.

Ne pas oublier les candidatures

En terminant, un autre élément peut guider le positionnement d’un parti en période préélectorale : les portes d’entrée se multiplieront au cours des prochains mois avec l’annonce des candidatures des différents partis politiques dans chaque circonscription. Il n’est plus suffisant de raisonner uniquement en fonction des élus, il faut aussi réfléchir en termes de candidatures potentielles.

Les partis cherchent à démontrer qu’ils auront une équipe ministérielle pour gouverner. Ils vont donc vouloir recruter des « experts et des expertes » et surtout des personnes avec une grande notoriété, connues dans leur secteur d’activité respectif et dans leur communauté.

Rares sont les sommités qui ne viennent pas avec un certain bagage de prises de position. Ce type de candidature a donc un grand impact dans le positionnement du parti dans ce secteur d’activités. Les candidatures annoncées et potentielles ne sont donc pas des éléments à négliger.

Faire entendre sa voix est donc loin d’être le fruit du hasard : ça commence par une préparation rigoureuse, et il est important de s’y prendre dès maintenant.

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